Le « régime Tayyibat » suscite un débat grandissant dans plusieurs pays arabes après sa large diffusion sur les réseaux sociaux, alors que des autorités sanitaires et des spécialistes de la nutrition mettent en garde contre les risques liés à son adoption comme alternative aux traitements médicaux, en particulier pour les personnes atteintes de maladies chroniques.
Dans ce contexte, le ministère saoudien de la Santé a publié des mises en garde officielles appelant les patients à ne pas interrompre leurs traitements prescrits sans avis médical. Le ministère a indiqué avoir enregistré plusieurs cas ayant nécessité une prise en charge aux services des urgences et de soins intensifs après que des patients ont cessé de prendre leur insuline ou leurs médicaments contre le diabète en se basant sur des conseils diffusés sur Internet.
Le ministère a également souligné que le « régime Tayyibat » ne repose pas, à ce jour, sur des preuves scientifiques suffisantes démontrant son efficacité dans le traitement des maladies chroniques. Il a averti que l’exclusion de catégories entières d’aliments pourrait entraîner des carences nutritionnelles et exposer les patients à des complications de santé.
La controverse s’est également étendue à l’Égypte, où plusieurs députés ont appelé à renforcer le contrôle des publicités et des établissements faisant la promotion du « régime Tayyibat » comme solution thérapeutique. Ils ont également plaidé pour une lutte plus stricte contre les allégations médicales non fondées circulant sur les réseaux sociaux.
Selon les informations diffusées par ses promoteurs, ce régime alimentaire repose sur la consommation d’aliments considérés comme naturels ou plus proches de l’alimentation originelle, tout en excluant plusieurs produits transformés ainsi que certains aliments couramment consommés. Ces recommandations se sont largement propagées à travers des vidéos et des publications publiées sur les plateformes numériques au cours des derniers mois.
Les nutritionnistes rappellent toutefois qu’une alimentation équilibrée doit être fondée sur la diversité et l’équilibre nutritionnel, et non sur l’exclusion de groupes alimentaires entiers sans justification médicale. Ils mettent en garde contre les conseils non vérifiés pouvant conduire certains patients à interrompre leurs traitements contre le diabète, les maladies cardiovasculaires ou l’hypertension.
Des spécialistes estiment également que les réseaux sociaux sont devenus une source importante d’informations médicales pour de nombreux internautes, alors que les contenus qui y circulent ne font généralement pas l’objet d’une validation scientifique. Ils recommandent donc de vérifier les informations et de consulter un professionnel de santé avant d’adopter un nouveau régime alimentaire ou de modifier un traitement.
Au Maroc, des médecins et des nutritionnistes invitent également à la prudence face aux régimes alimentaires populaires sur Internet. Ils soulignent que toute modification de l’alimentation ou d’un traitement médical doit être effectuée sous supervision médicale, notamment pour les personnes souffrant de maladies chroniques.
Les spécialistes s’accordent enfin à rappeler que le respect des traitements prescrits, l’adoption d’une alimentation équilibrée et le recours aux conseils de professionnels de santé demeurent les meilleures garanties pour préserver la santé et prévenir les complications, tout en évitant de remplacer les recommandations médicales par des contenus non vérifiés diffusés sur les plateformes numériques.

