Des documents officiels émis par la Commission des marchés publics relevant du ministère de l’Énergie, du Pétrole, des Mines et de l’Industrie de la République islamique de Mauritanie ont suscité des interrogations après l’apparition d’informations relatives à l’identité et à la nationalité d’entités liées au groupe Tanger Med du Maroc, dans le cadre du projet d’élaboration du business plan de la zone industrielle d’« Aria », située dans la région du Trarza.
L’affaire remonte au procès-verbal d’ouverture des manifestations d’intérêt tenu le 8 mai 2026, qui a enregistré la participation de quarante candidats issus de plusieurs pays pour concourir à la mission d’élaboration du business plan de cette nouvelle zone industrielle, considérée comme stratégique par la Mauritanie pour attirer les investissements industriels et renforcer la compétitivité de son économie.
Toutefois, un élément a particulièrement retenu l’attention dans le document : l’inscription de « Tanger MED » parmi les candidats avec une nationalité sénégalaise, tandis que « TME » y figurait comme une société mauritanienne.
Cette classification a soulevé des questions sur la nature de la participation marocaine au projet, d’autant plus que le groupe Tanger Med est l’une des principales institutions marocaines supervisant le plus grand complexe portuaire, logistique et industriel du Royaume. De son côté, Tanger Med Engineering constitue le bras technique et d’ingénierie du groupe, spécialisé dans les projets portuaires, les zones industrielles et les plateformes logistiques.
Face à cette situation, le journal « Al Maghribi » a contacté le groupe Tanger Med afin d’obtenir des éclaircissements officiels sur l’identité de l’entreprise concernée et les conditions de sa participation.
Dans une réponse officielle, le groupe a précisé que l’entité ayant soumis la manifestation d’intérêt était Tanger Med Engineering et non le groupe Tanger Med directement. Il a également indiqué que les informations figurant dans le procès-verbal comportaient des erreurs concernant l’identité et la nationalité des candidats.
Le groupe a ajouté que Tanger Med est une société marocaine et non sénégalaise, tandis que TME est également une société marocaine et non mauritanienne, soulignant que les données mentionnées dans le document officiel ne reflètent pas leur situation juridique réelle.
Cet incident met en lumière l’importance de la vérification des données figurant dans les documents officiels liés aux projets internationaux, en particulier lorsqu’ils concernent des institutions de premier plan à l’échelle régionale et continentale, telles que le groupe Tanger Med.
Malgré cette polémique, la participation de Tanger Med Engineering témoigne de l’intérêt continu des entreprises marocaines pour les projets industriels et logistiques en Afrique, dans un contexte marqué par la montée en puissance de l’expertise marocaine dans les domaines de l’ingénierie, de la planification et du développement des zones économiques sur le continent.
Cependant, la particularité de ce dossier ne se limite pas à la question de la nationalité. Les résultats de la présélection ont ensuite montré que le bureau d’études marocain NOVEC s’était qualifié pour la liste restreinte finale, tandis que Tanger Med Engineering n’a pas réussi à franchir l’étape suivante, ajoutant ainsi une dimension technique au débat déjà alimenté par les questions d’identité juridique.

