Une étude scientifique menée par l’équipe du service de cardiologie du Centre Hospitalier Universitaire Mohammed VI de Tanger a identifié plusieurs facteurs cliniques et biologiques associés à un risque accru de décès chez les patients admis en unité de soins intensifs cardiologiques.
Intitulée « Facteurs indépendants prédictifs de mortalité en unité de soins intensifs cardiologiques au Maroc : première étude cas-témoins en Afrique du Nord », cette recherche s’est appuyée sur l’analyse des données de 415 patients pris en charge entre mai 2023 et mai 2025, dont 83 décès et 332 survivants.
Les résultats montrent que l’hypotension artérielle sévère, la tachycardie et une faible oxygénation sanguine à l’admission figurent parmi les principaux indicateurs associés à une augmentation du risque de mortalité. L’étude a également relevé une association entre ce risque et plusieurs paramètres médicaux, notamment la dysfonction du ventricule droit, l’augmentation des pressions de remplissage du ventricule gauche, l’anémie et l’insuffisance rénale aiguë.
Les chercheurs ont également observé que certaines complications graves, telles que le choc cardiogénique, les troubles du rythme ventriculaire sévères, l’embolie pulmonaire, l’insuffisance cardiaque aiguë et l’infarctus aigu du myocarde, étaient associées à des taux de mortalité plus élevés.
Selon l’étude, la combinaison des données cliniques, biologiques et échocardiographiques, associée au suivi de l’évolution des patients durant l’hospitalisation, a permis de développer un modèle prédictif affichant une performance de 0,86, un niveau considéré comme élevé dans l’évaluation du risque médical.
Les auteurs soulignent l’importance d’un diagnostic précoce et d’une évaluation globale dès l’admission afin d’identifier rapidement les patients les plus vulnérables et d’adapter leur prise en charge.

