Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a déclaré, lors de sa visite à la ville autonome de Ceuta, que son gouvernement mobiliserait « tous les moyens et toutes les ressources de l’État » afin de garantir la sécurité et préserver la stabilité, tout en exprimant sa solidarité avec les habitants de la ville confrontés à une forte pression migratoire.
Selon le quotidien espagnol *Europa Sur*, Pedro Sánchez a attribué la récente vague migratoire à ce qu’il a qualifié d’« interprétation erronée » diffusée par les réseaux de trafic de migrants concernant une décision de la Cour suprême espagnole. Cette décision interdit les refoulements immédiats des migrants qui rejoignent Ceuta à la nage lorsqu’il n’existe pas de barrière physique à la frontière. Dans ce contexte, le chef du gouvernement a annoncé l’installation prochaine d’un système de bouées maritimes destiné à délimiter la frontière maritime entre Ceuta et le Maroc, conformément aux exigences de cette décision judiciaire.
Le journal ajoute que Pedro Sánchez a également annoncé l’accélération des procédures de retour des personnes entrées irrégulièrement dans la ville. Il s’est dit prêt à examiner une réforme de la législation sur l’immigration afin de permettre une application plus efficace des procédures de retour à la frontière, tout en soulignant que les autorités marocaines coopèrent avec Madrid pour accélérer le rapatriement de leurs ressortissants.
Toujours selon *Europa Sur*, la visite du chef du gouvernement s’est déroulée dans un climat de tension. Des manifestants l’ont accueilli devant le siège de la présidence de la ville en scandant des slogans réclamant sa démission, tandis que la Police nationale espagnole a déployé un important dispositif de sécurité. La police municipale est également intervenue avant son arrivée afin d’éviter des affrontements entre habitants et migrants à proximité de la mairie.
Le journal indique par ailleurs que le gouvernement espagnol a intensifié ses démarches diplomatiques pour gérer la situation. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, mène des consultations avec son homologue marocain, Nasser Bourita, afin de coordonner les opérations de retour des migrants, parallèlement à des échanges avec les responsables de l’Union européenne, qui ont exprimé leur soutien à l’Espagne face à cette situation.
*Europa Sur* rapporte également que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié les scènes de passages collectifs vers Ceuta d’« inacceptables », appelant à mettre fin aux traversées dangereuses, à démanteler les réseaux de trafic d’êtres humains et à accélérer les retours conformément à la législation européenne.
Sur le plan humanitaire, le quotidien précise que la crise continue de faire des victimes, avec au moins 24 décès enregistrés lors de tentatives de rejoindre Ceuta par voie maritime. Les opérations de retour volontaire vers le Maroc se poursuivent, alors que de nouveaux groupes continuent d’arriver, bien qu’à un rythme moins soutenu.
Enfin, sur le plan politique, *Europa Sur* souligne que le Parti populaire espagnol a renforcé ses critiques contre le gouvernement, estimant que la situation à Ceuta dépasse le cadre d’une simple crise migratoire pour constituer, selon ses responsables, une question touchant à la souveraineté nationale. Le parti appelle ainsi à renforcer les mesures de sécurité aux frontières de Ceuta et Melilla ainsi que la politique migratoire.

