Boualem Sansal, écrivain franco-algérien reconnu à travers le monde pour son œuvre lucide et engagée, purge aujourd’hui une peine de cinq ans de prison en Algérie, son tort ? avoir osé écrire, avoir osé penser, avoir osé dire, le 27 mars 2025, il est condamné pour «atteinte à l’unité nationale», une accusation floue et perverse qui résume à elle seule l’instrumentalisation de la justice pour faire taire les voix critiques, le verdict a été confirmé le 1er juillet sans appel, sans recours et sans illusion… Ce drame judiciaire et humain n’a suscité que peu de réactions, là où l’on aurait attendu une levée de boucliers, une vague de solidarité, un cri unanime, on ne trouve que quelques voix éparses, bien intentionnées mais impuissantes, certes, une Société de soutien international a été fondée en France, avec à sa tête Antoine Gallimard, un comité présidé par Catherine Camus fille d’Albert Camus a vu le jour pour défendre l’écrivain, certes, quelques manifestations ont été organisées, quelques tribunes publiées mais où est le véritable mouvement ? Où sont les grandes marches, les campagnes continues, les plaidoyers relayés devant les institutions internationales ? Pourquoi la Commission de solidarité née en France ne parvient-elle pas à mobiliser plus largement ? Pourquoi les ONG internationales si promptes à dénoncer les atteintes aux droits humains ailleurs sont-elles si timides dans ce cas emblématique ? L’homme, rappelons-le, ne milite pas pour lui-même, il incarne un combat universel, celui de la liberté d’expression face à la répression autoritaire, le Conseil des droits de l’homme à Genève, les grandes ONG comme Amnesty International, Human Rights Watch, ou Reporters sans frontières, ont-elles oublié Boualem Sansal ? Ont-elles jugé que son cas était trop « local », trop « politique », ou pas assez médiatisable ? Où sont leurs rapports, leurs alertes, leurs campagnes ciblées ? Leur mutisme pose question.
Boualem Sansal n’est pas un cas isolé, il est le symptôme d’un système où l’écriture devient une menace et l’intelligence un crime, le laisser pourrir dans l’ombre de sa cellule, c’est accepter que la tyrannie gagne encore du terrain, il est temps d’appeler les choses par leur nom, l’incarcération de Boualem Sansal est un acte de répression politique, le silence des institutions, un abandon, l’inaction des ONG, une faute et le désintérêt collectif, une trahison.
L’histoire jugera ceux qui auront parlé, mais elle condamnera plus durement encore ceux qui auront regardé ailleurs…
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