Un observatoire environnemental a alerté sur les défis auxquels font face les forêts urbaines et périurbaines de la ville de Tanger, appelant à l’adoption d’une gestion durable respectant la dimension écologique et préservant la biodiversité ainsi que la mémoire naturelle et culturelle de la ville.
Dans un communiqué publié à l’issue de la deuxième session de son conseil d’administration, tenue à la fin de la semaine dernière, l’Observatoire pour la protection de l’environnement et du patrimoine historique de Tanger a insisté sur la nécessité d’accélérer le transfert de l’ensemble des biens fonciers des forêts urbaines et périurbaines à l’Agence nationale des eaux et forêts, et de les ériger en parcs nationaux et espaces publics, afin de garantir leur protection juridique, renforcer leur gouvernance et valoriser leurs rôles environnementaux, sociaux et récréatifs, tout en mettant en garde contre la fragilité persistante de leur statut foncier et l’absence de leur intégration effective dans les documents d’urbanisme.
Le communiqué a également appelé à débloquer le dossier de classement de Tanger en tant que patrimoine naturel et culturel, et à lui permettre de suivre son parcours institutionnel normal, invitant l’ensemble des institutions et acteurs concernés à renouveler les efforts pour l’inscription de la ville sur la liste du patrimoine mondial, soulignant que Tanger dispose d’un dossier jugé solide et recevable.
Selon les données communiquées, le domaine forestier urbain et périurbain de Tanger s’étend sur une superficie totale d’environ 5 322 hectares, dont seulement près de 1 368 hectares relèvent du domaine forestier public, tandis que la majeure partie se situe en dehors de ce cadre.
La même source précise que ce domaine forestier est réparti entre les forêts de Feddan Chapo, Jbel Kbir et Rherhaya, notant que la faiblesse de la part du domaine forestier public rend ces espaces plus exposés à la pression urbaine et aux opérations de spéculation foncière, et limite l’efficacité de l’intervention publique préventive.
La réunion a par ailleurs mis en avant la grande valeur environnementale de ces forêts, notamment en raison de la présence de sites classés d’intérêt biologique et écologique, parmi lesquels le Cap Spartel sur une superficie avoisinant 1 000 hectares, et Perdicaris sur près de 68 hectares, conformément au schéma directeur des aires protégées.

