La Cour des comptes a mis en lumière plusieurs défis auxquels fait face le chantier de la généralisation de l’assurance maladie obligatoire, soulignant que l’augmentation du nombre des affiliés ne s’est pas traduite par une couverture effective de l’ensemble des catégories ciblées.
Selon le rapport annuel 2024-2025, le nombre de personnes inscrites aux régimes d’assurance est passé de 26,84 millions en 2022 à 31,94 millions en 2024, soit une hausse de 19 %, tandis que le régime AMO Tadamon a enregistré 14,47 millions de bénéficiaires, dépassant l’objectif initial fixé à 11 millions.
Le rapport relève toutefois une faible adhésion des travailleurs indépendants, dont seuls 3,27 millions ont effectivement intégré le système sur un total de 11 millions ciblés.
La Cour a également alerté sur les déséquilibres financiers des régimes d’assurance, notant que les dépenses ont augmenté de 83 % entre 2022 et 2024, contre une progression des ressources limitée à 36 %.
En matière de recouvrement, le taux global des cotisations n’a pas dépassé 37 % en 2024, avec des disparités importantes entre les catégories professionnelles, ce qui constitue un risque pour la pérennité du système.
Sur le plan juridique, le rapport souligne le retard dans l’activation de certaines dispositions de la loi 65.00, privant environ 1,56 million de personnes de l’intégration au régime général, tandis que près de 811 000 assurés ont vu leurs droits suspendus en raison du non-paiement des cotisations.
Concernant les dépenses de soins, le secteur privé a concentré 79 % des indemnisations du régime AMO Tadamon en 2024, contre 21 % pour les établissements publics de santé.

