La Banque mondiale a mis en avant les performances du complexe portuaire Tanger Med, classé au cinquième rang mondial en matière d’efficacité portuaire, dans son dernier rapport consacré à l’économie kényane, publié en novembre 2026. L’institution financière internationale présente ainsi l’expérience marocaine comme une référence dans un contexte marqué par les défis de gouvernance et de compétitivité logistique auxquels fait face le Kenya.
Dans la 34ᵉ édition de son rapport « Kenya Economic Update », consacrée notamment aux contraintes de gouvernance qui freinent la croissance économique et la création d’emplois, la Banque mondiale souligne les écarts de performance entre plusieurs infrastructures portuaires africaines.
Le document cite explicitement le port Tanger Med, situé dans le nord du Maroc, comme le cinquième port le plus efficace au monde, selon l’Indice de performance des ports à conteneurs (CPPI), tout en présentant le Royaume comme un pays de référence auquel le Kenya aspire à se comparer.
Cette reconnaissance intervient dans le cadre d’une analyse des difficultés rencontrées par le port de Mombasa, principale plateforme maritime du Kenya et l’un des principaux points d’entrée commerciaux d’Afrique de l’Est.
Selon le rapport, Mombasa a reculé à la 375ᵉ position sur 403 ports évalués dans l’édition 2024 du CPPI, contre la 326ᵉ place sur 348 ports en 2022. Une dégradation que la Banque mondiale associe notamment aux insuffisances de gestion, à la congestion portuaire et aux coûts élevés des opérations logistiques.
L’institution relève également que le port de Dakar, au Sénégal, a enregistré une progression significative, passant de la 371ᵉ à la 108ᵉ place en deux ans, illustrant les possibilités d’amélioration rapide des performances portuaires sur le continent africain.
Tanger Med, une référence africaine en matière d’efficacité logistique
En citant Tanger Med parmi les infrastructures portuaires les plus efficaces au monde, la Banque mondiale met en évidence les différences de compétitivité qui caractérisent les plateformes maritimes africaines.
Le complexe marocain bénéficie d’une position géographique stratégique sur le détroit de Gibraltar, au carrefour des principales routes commerciales reliant l’Europe, l’Afrique, l’Asie et les Amériques.
Son développement s’inscrit dans une stratégie d’investissement dans les infrastructures portuaires et logistiques, accompagnée d’une intégration croissante des activités industrielles et commerciales.
À l’inverse, le rapport souligne que les entreprises utilisant le port de Mombasa sont confrontées à de multiples inspections administratives, à des interruptions récurrentes des systèmes informatiques et à une augmentation des frais portuaires.
Selon les données citées par la Banque mondiale, les coûts logistiques liés au port de Mombasa représenteraient entre 35 % et 42 % du coût total des marchandises rendues à destination, une situation qui pèse sur la compétitivité des entreprises et les échanges commerciaux.
L’institution insiste, dans ce contexte, sur la nécessité d’améliorer la gouvernance, de simplifier les procédures administratives et de renforcer la transparence afin de réduire les délais de traitement des marchandises et les coûts supportés par les opérateurs économiques.
Tanger Med 3 pour renforcer les capacités du complexe portuaire
Cette reconnaissance internationale intervient alors que le Maroc prépare une nouvelle phase d’expansion de Tanger Med, à travers le projet Tanger Med 3, présenté lors d’une séance de travail présidée par le Roi Mohammed VI, le 28 octobre 2026, au Palais Royal de Rabat.
Implanté à l’ouest de Tanger Med 2, ce nouveau développement portuaire mobilisera un investissement estimé à 8 milliards de dirhams. Il permettra d’ajouter une capacité annuelle de traitement de 4,5 millions de conteneurs, avec la réalisation de 1 200 mètres linéaires de quais.
Selon les déclarations d’Idriss Aarab, directeur général de l’Autorité portuaire de Tanger Med, à SNRTnews, la mise en service de la nouvelle installation est prévue pour la mi-2031, avec une montée en puissance progressive de ses activités.
Un contrat de concession a par ailleurs été signé avec Maersk–APM Terminals pour le développement et l’exploitation du nouveau terminal à conteneurs.
Le projet s’inscrit dans un programme d’expansion plus vaste, comprenant notamment le développement des infrastructures dédiées aux passagers et au transport international routier, ainsi que l’extension orientale de Tanger Med 2.
À terme, ces investissements devraient porter la capacité globale du complexe portuaire à près de 20 millions de conteneurs par an, consolidant sa position parmi les principales plateformes maritimes internationales.
La référence faite à Tanger Med dans le rapport de la Banque mondiale confirme la place acquise par le Maroc dans les comparaisons internationales en matière d’efficacité portuaire. Elle intervient également dans un contexte de renforcement des infrastructures logistiques du Royaume, avec des perspectives de développement économique et industriel pour la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.

