Dr QORIA Anouar – Medias & politiques intetnationale
La récente condamnation par la Ligue des États arabes de toute tentative de division de la Somalie soulève une question fondamentale sur la cohérence de cette organisation et sur la crédibilité de son discours relatif à la souveraineté des États arabes, si la défense de l’unité territoriale somalienne constitue une position légitime et nécessaire, elle devrait obéir à un principe universel, et non à une logique de circonstances ou de calculs diplomatiques, comment expliquer, en effet, que cette même institution fasse preuve d’une telle fermeté dans certains dossiers, tout en observant depuis des décennies un silence pour le moins troublant face aux manœuvres politiques et diplomatiques visant à porter atteinte à l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc ? Cette sélectivité dans l’indignation révèle une contradiction profonde entre les principes officiellement proclamés et les pratiques diplomatiques réellement adoptées.
Depuis plus d’un demi-siècle, le Maroc fait face à une stratégie régionale d’hostilité entretenue par le pouvoir algérien autour du dossier du Sahara marocain, derrière les discours sur l’autodétermination et les revendications de séparatisme se déploie une confrontation géopolitique qui dépasse largement le cadre d’un différend territorial, elle s’inscrit dans une volonté de modifier les équilibres stratégiques du Maghreb, d’affaiblir la position régionale du Maroc et de compromettre les perspectives d’intégration économique et politique de l’Afrique du Nord, le soutien politique, diplomatique et matériel apporté par Alger au Front Polisario constitue un élément central de cette confrontation, dans ce contexte, l’absence de réaction ferme de la Ligue arabe face aux conséquences régionales de cette politique interroge sérieusement son impartialité et sa capacité à défendre effectivement la souveraineté de ses États membres.
Plus préoccupant encore est le contraste entre la mobilisation de la Ligue arabe contre les projets de fragmentation de certains États et son absence de positionnement comparable lorsque des discours séparatistes concernent le Royaume du Maroc, les revendications évoquant une prétendue indépendance du Rif, lorsqu’elles sont instrumentalisées dans certains cercles hostiles au Maroc, devraient elles aussi susciter une vigilance institutionnelle fondée sur le respect de l’unité nationale et de la souveraineté des États, il ne s’agit nullement de nier le droit des populations à exprimer leurs revendications politiques, économiques ou culturelles, mais de dénoncer l’instrumentalisation géopolitique des fractures internes à des fins de déstabilisation, une institution qui condamne la fragmentation territoriale en Somalie ne peut raisonnablement rester indifférente aux discours visant la cohésion territoriale d’un autre État membre, sans exposer sa position à une accusation légitime de deux poids, deux mesures.
Cette incohérence prend une dimension encore plus grave lorsqu’on examine les enjeux géopolitiques du Maghreb et du Sahel, l’affaiblissement du Maroc et son éventuel isolement de ses provinces du Sud ne constituent pas une simple question bilatérale, ils touchent directement aux équilibres sécuritaires, économiques et stratégiques de toute la région, le Sahara marocain représente un espace d’ouverture vers l’Afrique subsaharienne, un axe de développement des infrastructures, des échanges commerciaux et des projets énergétiques, ainsi qu’un levier important de la coopération africaine, dans une région confrontée à la progression des groupes armés, aux réseaux de trafics transfrontaliers et à l’instabilité politique, l’entretien artificiel des tensions entre Rabat et Alger affaiblit les possibilités de coopération indispensables à la sécurité collective, la persistance de cette rivalité sert davantage les stratégies de division que les intérêts des peuples maghrébins, qui continuent de subir le coût politique et économique de l’absence d’une véritable intégration régionale.
Dès lors, le silence de la Ligue arabe ne peut plus être considéré comme une simple réserve diplomatique ou comme une neutralité institutionnelle, lorsqu’une organisation se mobilise avec vigueur pour défendre l’intégrité territoriale d’un pays, mais s’abstient d’appliquer la même exigence de cohérence dans le cas d’un autre membre, elle fragilise sa propre légitimité, la défense de la souver

