Par Qoria Anouar – Expert en IT & Gouvernance Numérique
Une rencontre à forte portée historique, diplomatique et symbolique, marquée par des interventions de haut niveau, des témoignages poignants et une mise à l’honneur de la mémoire de la communauté marocaine établie en France.
Le Consulat général du Royaume du Maroc à Lille a organisé, le vendredi 6 novembre 2026, une cérémonie commémorative à l’occasion du 51e anniversaire de la Marche Verte et du premier anniversaire de la Fête de l’Unité. Cette rencontre, placée sous le signe de l’attachement à la patrie, de la cohésion nationale et du renforcement des liens entre les Marocains du monde et leur pays d’origine, s’est articulée autour d’une conférence consacrée au thème « Du consensus national au soutien international autour du différend sur le Sahara marocain ».
Cette célébration revêtait une dimension toute particulière au regard du contexte politique et diplomatique dans lequel s’inscrit la question du Sahara marocain. Elle intervient notamment à la suite d’une évolution majeure au sein des Nations Unies : la non-reconduction du mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) par le Conseil de sécurité, lors de sa réunion du 30 octobre 2026.
Cette décision, qui a entraîné l’expiration du mandat de la Mission le 31 octobre 2026, constitue un tournant important dans le dossier. Dans son communiqué du 30 octobre, le Cabinet royal a souligné que cette non-reconduction devait conduire à la cessation de la présence de la MINURSO dans les provinces du Sud du Royaume, notamment à travers le départ de son personnel, de ses véhicules et de ses équipements. Cette évolution a également été confirmée par la communication officielle du porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, qui a annoncé la cessation des opérations de la Mission à la suite de la non-reconduction de son mandat. Le processus de liquidation et de retrait de ses personnels et de ses installations a été engagé dès le 1er novembre.
Pour le Maroc, cette évolution représente une étape significative vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain au sein des Nations Unies et s’inscrit dans une nouvelle dynamique diplomatique, portée par le soutien international croissant à l’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté du Royaume.
Au-delà de sa dimension commémorative, cette initiative consulaire a constitué un moment privilégié pour réaffirmer les liens indéfectibles qui unissent la communauté marocaine établie dans la région des Hauts-de-France à la mère patrie, consolider son sentiment d’appartenance et transmettre aux jeunes générations les valeurs fondamentales de l’identité nationale, de la solidarité et de l’attachement à l’intégrité territoriale du Royaume.
La cérémonie a connu la participation de représentants des institutions élues, de personnalités du monde associatif, d’universitaires et d’acteurs de la société civile, ainsi que de nombreux membres de la communauté marocaine résidant à Lille et dans ses environs. Cette diversité des participants a témoigné de l’intérêt porté à cette initiative et de la volonté de faire de ces rendez-vous commémoratifs des espaces de rencontre, de réflexion et de mobilisation collective.
- Abdelkader Abidine : l’unité nationale et la mobilisation de la communauté marocaine au cœur de la célébration
Dans son allocution, le Consul général du Royaume du Maroc à Lille, M. Abdelkader Abidine, a souligné la portée historique et symbolique de cette double célébration, mettant particulièrement en exergue les valeurs d’unité, de solidarité et de cohésion qui constituent les fondements du vivre-ensemble marocain.
Il a notamment insisté sur la solidité des relations d’amitié et de partenariat entre le Royaume du Maroc et la République française, saluant le positionnement de la France en faveur de l’initiative marocaine d’autonomie.
Le diplomate a également replacé cette rencontre dans le contexte d’une dynamique diplomatique internationale qu’il a qualifiée de particulièrement significative, marquée par une évolution favorable des soutiens à la souveraineté du Maroc sur son Sahara, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste.
M. Abidine a, par ailleurs, rappelé que la commémoration de la Marche Verte et de la Fête de l’Unité ne saurait se limiter à un simple rappel historique. Elle constitue également une occasion de réaffirmer la continuité du projet national, de renforcer la cohésion entre les différentes composantes de la société marocaine et de mettre en lumière les efforts de développement engagés dans l’ensemble des régions du Royaume, particulièrement dans les provinces du Sud.
Il a enfin accordé une attention particulière à la place de la communauté marocaine résidant à l’étranger, soulignant la nécessité de préserver et de renforcer ses liens avec le pays d’origine. Il a appelé à une mobilisation collective autour des intérêts supérieurs de la Nation, estimant que la solidarité entre les Marocains, où qu’ils se trouvent, constitue un levier essentiel pour consolider le sentiment d’appartenance et contribuer au rayonnement du Royaume.
- Aicha Duihi : la fin du mandat de la MINURSO, un tournant dans le dossier du Sahara marocain et un témoignage humain poignant
Prenant la parole à son tour, Mme Aicha Duihi, experte en droits humains et en plaidoyer international auprès des Nations Unies, présidente et cofondatrice de l’IOPDHR-GENEVA-NGO, a consacré une partie importante de son intervention à l’analyse des derniers développements politiques et diplomatiques relatifs à la question du Sahara marocain.
Son exposé s’est notamment appuyé sur les éléments contenus dans le communiqué du Cabinet royal du 30 octobre 2026, publié à la suite de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que sur le communiqué du 4 novembre 2026. Elle a également évoqué la déclaration officielle du porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies concernant la fin du mandat de la MINURSO.
À ce propos, la chercheuse a particulièrement insisté sur la non-reconduction du mandat de la Mission par le Conseil de sécurité, à l’issue de sa réunion du 30 octobre, et sur son expiration effective le 31 octobre 2026. Elle a souligné que cette évolution marque une étape majeure, puisque la MINURSO a cessé ses opérations à cette échéance, tandis que le processus de retrait de ses personnels, de ses équipements et de ses installations est désormais engagé.
Cette évolution, qui met fin à 35 années de présence de la Mission, a constitué un axe central de son analyse, notamment au regard de ses implications politiques et diplomatiques pour l’avenir du dossier du Sahara marocain.
Abordant également la dimension humaine de ce dossier, Mme Duihi a évoqué la situation des populations vivant dans les camps de Tindouf. Elle a appelé les autres parties concernées à faire preuve de courage et de responsabilité afin de permettre aux personnes qui y sont retenues de retrouver leur liberté et leur dignité, dénonçant les conditions de vie et les traitements qu’elle a décrits comme humiliants et contraires aux droits fondamentaux.
Son intervention a pris une dimension particulièrement émouvante lorsqu’elle a partagé son propre vécu et celui de sa famille. Évoquant les épreuves traversées, les manifestations de mépris, d’injustice et de souffrance auxquelles ils ont été confrontés, elle a raconté les circonstances difficiles qui les ont finalement conduits à fuir pour rejoindre leur pays d’origine, le Royaume du Maroc.
Un témoignage personnel particulièrement poignant, empreint d’émotion et de sincérité, marqué par une douleur et des souvenirs qui, selon ses propres confidences, continuent de l’accompagner tout au long de sa vie.
Revenant ensuite sur les origines historiques du différend autour du Sahara marocain, la chercheuse a situé ses racines dans la période coloniale, entre 1884 et 1975, avant d’évoquer sa transformation progressive en enjeu géopolitique dans le contexte des rivalités régionales maghrébines.
Elle a notamment rappelé les liens historiques, religieux, politiques et économiques qui unissaient les populations locales à la monarchie marocaine, à travers les relations traditionnelles d’allégeance à l’autorité centrale du Royaume. Elle a ainsi replacé la Marche Verte, initiée par feu Sa Majesté le Roi Hassan II, dans la continuité d’un processus historique ayant constitué une étape déterminante dans le parcours de parachèvement de l’intégrité territoriale du Maroc.
À travers cette intervention, Mme Duihi a souhaité mettre en perspective les dimensions historiques, humaines et diplomatiques de la question nationale, tout en soulignant l’importance du plaidoyer international et de la mobilisation en faveur de la défense des droits humains.
- Alain Jourdan : le partenariat franco-marocain et les valeurs identitaires au cœur des relations entre les deux peuples
De son côté, M. Alain Jourdan, journaliste, essayiste, analyste et consultant en relations internationales, également présenté lors de la rencontre comme un spécialiste des questions de gouvernance et d’intelligence artificielle, a apporté un regard complémentaire sur les relations franco-marocaines et les évolutions géopolitiques régionales.
D’entrée de jeu, il a exprimé son attachement à la qualité du partenariat entre la France et le Maroc, soulignant le rôle essentiel de cette coopération dans le rapprochement des deux peuples et le renforcement des liens humains, culturels et institutionnels.
Évoquant ses visites régulières au Maroc, il a fait part de son admiration pour les transformations et les avancées en matière de développement que connaît le Royaume sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il a notamment mis en avant la capacité du Maroc à concilier modernité, ouverture sur le monde et préservation de son identité culturelle.
À cet égard, il a insisté sur une caractéristique qu’il considère comme fondamentale dans la société marocaine : malgré l’adoption des évolutions liées à la modernité et aux transformations du monde contemporain, le peuple marocain demeure profondément attaché à ses valeurs, à ses traditions et à son identité. Selon lui, cette capacité à conjuguer modernisation et fidélité aux fondamentaux culturels constitue un enseignement dont la société française pourrait également s’inspirer.
M. Jourdan a également évoqué la solidité des institutions marocaines et la sagesse de la politique conduite par le Royaume face aux bouleversements régionaux, notamment durant la période du Printemps arabe. Il a salué la capacité du Maroc à traverser cette période de fortes turbulences tout en préservant sa stabilité institutionnelle et sa continuité politique.
Consacrant une partie de son intervention à la question du Sahara marocain, il a retracé les principales étapes historiques de ce dossier, depuis ses origines jusqu’aux développements diplomatiques les plus récents. Il a également présenté les grandes lignes du processus politique engagé en vue de parvenir à une solution à ce différend qui perdure depuis près d’un demi-siècle.
- Des échanges enrichissants autour des évolutions diplomatiques et de la transmission de la mémoire nationale
La rencontre a également été marquée par plusieurs interventions et échanges avec les participants, qui ont permis d’approfondir les différentes dimensions de la question nationale.
Les discussions ont notamment porté sur les conséquences de la non-reconduction du mandat de la MINURSO, la cessation de ses opérations depuis le 31 octobre 2026 et le processus de retrait de ses personnels et équipements des provinces du Sud. Les participants se sont également interrogés sur les perspectives diplomatiques ouvertes par cette nouvelle situation et sur les orientations que pourrait prendre le dossier du Sahara marocain dans les prochaines étapes.
La place des Marocains du monde dans cette nouvelle séquence a également occupé une place importante dans les échanges, les participants soulignant leur rôle potentiel dans la promotion de la cause nationale et dans la sensibilisation des opinions publiques à l’échelle internationale.
Plusieurs interventions ont ainsi mis en évidence l’importance de telles rencontres dans la transmission des connaissances historiques et politiques aux jeunes générations issues de l’immigration marocaine.
Les participants ont souligné que ces espaces de dialogue permettent aux jeunes de mieux comprendre les fondements historiques, les enjeux diplomatiques et les évolutions politiques de la question du Sahara marocain. Ils contribuent également à entretenir une mémoire collective qui demeure au cœur de l’attachement des Marocains à l’unité territoriale de leur pays.
D’autres interventions ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de plaidoyer des jeunes Marocains établis à l’étranger. Les éclairages apportés par les experts, les universitaires et les personnalités présentes constituent, selon les participants, des ressources précieuses pour leur permettre de développer des arguments solides, documentés et convaincants dans les espaces académiques, associatifs et internationaux.
Cette dimension pédagogique a ainsi constitué l’un des enseignements majeurs de la rencontre : au-delà de la commémoration, il s’agit de donner aux nouvelles générations les moyens de s’approprier leur histoire, de comprendre les enjeux contemporains et de participer, avec discernement et responsabilité, à la défense des intérêts supérieurs du Royaume.
- Une séquence culturelle pour mettre à l’honneur la mémoire et les parcours de la communauté marocaine en France
Au-delà des interventions institutionnelles et des échanges consacrés à la question nationale, la soirée a également été marquée par une initiative culturelle particulièrement significative, consacrée à la valorisation de la mémoire des Marocains du monde et à la reconnaissance de leurs parcours.
Un hommage a ainsi été rendu à Fatna GALIT et Mohamed DABRI, des figures marquantes de la communauté marocaine établie à l’étranger, à travers la présentation d’un ouvrage de l’artiste, écrivaine et romancière Samira El Ayachi.Un hommage a ainsi été rendu à *l’une* des figures marquantes de la communauté marocaine établie à l’étranger, à travers la présentation d’un ouvrage de l’artiste, écrivaine et romancière Samira El Ayachi.
Cette œuvre met en lumière différentes facettes de la réalité sociale et humaine des Marocains ayant vécu et construit leurs expériences sur le territoire français au fil de l’histoire contemporaine et récente.
À travers leurs parcours professionnels, leurs engagements et leurs contributions à la société française, ces femmes et ces hommes ont participé au développement de leur environnement d’accueil, mettant à profit leur travail, leurs compétences et leur savoir-faire, tout en demeurant profondément attachés à leurs origines, à leurs valeurs et à leurs principes.
Cette séquence a constitué un moment de reconnaissance et de transmission, rappelant que l’histoire de la présence marocaine en France ne se résume pas à une trajectoire migratoire, mais représente également une histoire de travail, de courage, de contribution et d’enrichissement mutuel entre les deux sociétés.
La soirée s’est enfin prolongée dans une atmosphère conviviale, avec une animation musicale et un buffet mettant à l’honneur les saveurs de la gastronomie marocaine, offrant aux participants un moment de partage et de retrouvailles dans le respect des traditions d’hospitalité qui caractérisent la culture du Royaume.
- Une célébration porteuse de sens et de continuité
À travers cette initiative, le Consulat général du Royaume du Maroc à Lille a donné à la commémoration de la Marche Verte et de la Fête de l’Unité une dimension qui dépasse le seul cadre protocolaire. La rencontre a permis de conjuguer mémoire historique, réflexion diplomatique, témoignages humains, transmission culturelle et renforcement des liens entre les Marocains établis en France et leur pays d’origine.
Elle a également rappelé le rôle essentiel des représentations consulaires dans l’accompagnement de la communauté marocaine, la préservation de son identité et la promotion des valeurs nationales auprès des générations successives.
Dans un contexte marqué par la non-reconduction du mandat de la MINURSO et la fin effective de ses opérations après 35 années de présence, cette célébration a constitué un moment de rassemblement et de réflexion collective, réaffirmant la place de la communauté marocaine à l’étranger dans la dynamique de rayonnement du Royaume.
Plus qu’une simple commémoration, cette rencontre aura été l’expression d’une mémoire partagée, d’un attachement profond à la patrie et d’une volonté commune de faire vivre les valeurs d’unité, de solidarité et de fidélité à l’histoire nationale, au-delà des frontières.
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