Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a alerté sur les dysfonctionnements qui affectent le système des marchés publics au Maroc, soulignant que la multiplication des contentieux judiciaires impacte directement la réalisation des projets publics et le rythme des investissements stratégiques.
Intervenant lors de l’ouverture d’un séminaire consacré aux litiges liés aux marchés publics à Rabat, le ministre a indiqué que plusieurs projets connaissent des retards en raison de la complexité des procédures administratives et de la durée des contentieux, précisant que certaines difficultés trouvent leur origine dans les premières étapes de préparation des marchés, notamment au niveau des cahiers des charges et des critères d’attribution.
Nizar Baraka a estimé que le recours fréquent à la justice traduit des limites dans les mécanismes de prévention des litiges, ajoutant qu’un différend qui s’étale sur plusieurs années entraîne le gel de projets, le report de services publics et une perte du temps de développement.
Dans ce cadre, il a annoncé l’élaboration d’un guide de jurisprudence regroupant les décisions rendues en matière de marchés publics, dans l’objectif d’améliorer les pratiques administratives et de renforcer la sécurité juridique, appelant également à l’actualisation des références liées aux prix des marchés afin de tenir compte des fluctuations économiques et d’assurer la continuité des chantiers, notamment pour les petites et moyennes entreprises.
Le ministre a enfin souligné que les investissements publics mobilisés en 2025, dépassant 70 milliards de dirhams, restent conditionnés par l’amélioration de la gouvernance des marchés publics et la réduction des contentieux, afin de garantir l’efficacité de la dépense publique et la réussite des grands projets structurants.

