La hausse des prix de la viande rouge au Maroc, en particulier celle de la viande ovine, continue de susciter le débat au sein de l’opinion publique, une situation qui se fait davantage ressentir pendant le mois de Ramadan, période marquée traditionnellement par une forte consommation de plats marocains à base de viande, tandis que de nombreux consommateurs expriment leur inquiétude à l’approche de l’Aïd al-Adha.
Cette augmentation des prix intervient malgré les récentes précipitations qui ont contribué à l’amélioration des pâturages et laissé entrevoir une saison agricole favorable, ainsi que les mesures mises en place par les autorités afin de soutenir le marché et assurer son approvisionnement, ces mesures comprennent notamment des exonérations fiscales et douanières sur l’importation du bétail afin de limiter la hausse des prix, ainsi qu’un soutien direct accordé aux éleveurs pour l’achat d’aliments et la préservation des femelles ovines et caprines destinées à la reproduction dans le but de reconstituer le cheptel national.
Selon des professionnels du secteur de la boucherie, ces mesures n’ont pas encore eu d’effet notable sur les prix pratiqués sur le marché, la viande rouge continuant d’afficher des niveaux élevés, le prix du kilogramme dépassant parfois 120 dirhams, notamment pour la viande ovine.
Les professionnels indiquent également que les prix de la viande bovine importée depuis le Brésil et l’Uruguay se situent actuellement entre 80 et 95 dirhams le kilogramme, tandis que les viandes locales se vendent entre 110 et 120 dirhams, la viande ovine ayant connu une hausse plus marquée, certains points de vente enregistrant des prix dépassant 130 dirhams le kilogramme en raison d’une offre limitée face à une demande élevée.
Des spécialistes expliquent que cette hausse est liée notamment à l’amélioration des pâturages après les récentes pluies, ce qui pousse certains éleveurs à conserver leurs moutons en attendant la période de l’Aïd al-Adha, réduisant ainsi les quantités disponibles sur les marchés durant cette période.
Les données disponibles indiquent également que le Brésil demeure le principal fournisseur de bovins vivants au Maroc avec plus de 80 pour cent des importations, tandis que le reste provient de l’Uruguay et d’autres pays, les coûts du transport maritime contribuant également à la hausse des prix, le coût d’expédition d’un kilogramme variant entre un et un dollar et demi.
Des spécialistes estiment enfin que l’impact des récentes précipitations sur les prix nécessitera du temps avant de se refléter dans la reconstitution du cheptel national, fortement affecté ces dernières années par la sécheresse et la hausse des prix des aliments, alors que le marché devrait progressivement retrouver son équilibre au cours des prochains mois.

