Un mouvement de grève nationale des adouls est annoncé au Maroc du 18 mars au 5 avril 2026, à l’initiative de l’Instance nationale des adouls, en protestation contre l’adoption du projet de loi n°16.22 relatif à l’organisation de la profession d’adoul, l’instance estimant que le texte a été adopté sans tenir compte des observations formulées par les représentants de la profession lors des différentes phases de discussion.
Dans un communiqué, l’Instance nationale des adouls a indiqué que cette décision s’inscrit dans le cadre d’un programme de protestation progressif, précisant avoir adressé plusieurs correspondances à la présidence du gouvernement contenant des propositions et des amendements concernant certaines dispositions du projet de loi, tout en considérant que ces démarches n’ont pas suscité l’interaction attendue.
Cette annonce intervient après plusieurs actions de protestation menées par des professionnels du secteur ces dernières semaines, notamment une grève d’avertissement organisée les 18 et 19 février, suivie d’un autre mouvement de grève du 2 au 10 mars, auquel ont participé des professionnels provenant de différentes régions du Royaume.
Plusieurs dispositions contenues dans le projet de loi suscitent un débat au sein du corps professionnel, parmi lesquelles la suppression de l’appellation « authentification officielle », le renforcement des mécanismes de contrôle des bureaux de documentation, l’exigence de la présence de 12 témoins dans certaines procédures, l’absence de mention explicite du témoignage de l’épouse, ainsi que la suppression des frais de dépôt de la demande.
Dans ce contexte, l’Instance nationale des adouls appelle à la suspension de la procédure d’adoption du projet de loi et à l’ouverture d’un dialogue avec le gouvernement afin de discuter des observations formulées par les professionnels, elle a également annoncé l’organisation d’un sit-in de protestation le 2 avril prochain devant le siège du Parlement à Rabat.
Selon les informations disponibles, cette grève pourrait entraîner l’arrêt de plusieurs services de documentation dans les tribunaux à travers le Royaume durant la période annoncée, ce qui pourrait avoir un impact sur certaines démarches des citoyens liées aux affaires familiales, à l’héritage et aux transactions immobilières.
De son côté, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, avait auparavant indiqué que l’élaboration du projet de loi s’est faite selon une approche participative, précisant que le texte a été adopté par la Chambre des représentants lors de la séance du 4 février dernier, avec 82 voix pour et 36 voix contre.

