Dans une évolution diplomatique notable, l’Union européenne a officiellement confirmé son soutien au plan marocain d’autonomie en tant que base sérieuse et crédible pour résoudre le différend artificiel autour du Sahara marocain. Cette position, exprimée dans une réponse écrite datée du 20 février 2026, traduit une convergence européenne avec la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies. Pour analyser ces développements, nous avons rencontré l’expert en affaires stratégiques et diplomatiques et président du Mouvement Maroc de Demain, le Dr Mustapha Aziz.
Dr Mustapha Aziz, une réponse écrite récente de la responsable de la politique étrangère de l’UE évoque une position unifiée des 27. Comment interprétez-vous cette évolution ?
De manière très claire, cette position européenne unifiée constitue une nouvelle reconnaissance de la maturité et de la solidité de l’initiative marocaine. La réponse écrite de Mme Kaja Kallas, datée du 20 février 2026, n’est pas un simple communiqué : c’est un document politique et juridique qui consacre un changement dans le discours européen. Elle confirme que l’Union européenne, avec tout son poids politique et économique, s’inscrit pleinement dans la vision marocaine et se place du côté de la légalité internationale telle qu’exprimée par les résolutions du Conseil de sécurité.
La réponse européenne établit un lien explicite avec la résolution 2797. Quelle en est la portée ?
C’est le cœur du sujet. La résolution 2797 de 2025 marque un tournant en mettant clairement l’accent sur la proposition marocaine d’autonomie comme seule base de négociation. En annonçant que sa position est désormais alignée sur cette résolution, l’Union européenne transforme un soutien politique en engagement diplomatique concret. Autrement dit, les 27 ne se contenteront plus de suivre un processus onusien abstrait, mais s’inscriront dans un cadre qui prend pour point de départ l’initiative marocaine.
Le texte européen qualifie le plan d’autonomie de “base des négociations”. Comment interprétez-vous cette formulation ?
Cette qualification est lourde de sens. Affirmer que le plan marocain constitue la base revient à dire que la communauté internationale, représentée ici par l’Union européenne, ne considère plus cette proposition comme une simple option parmi d’autres, mais comme un socle sur lequel doivent se construire les efforts futurs. C’est reconnaître que la solution ne peut émerger que d’une approche réaliste et crédible, à savoir l’autonomie sous souveraineté marocaine.
On évoque un consensus européen inédit. Comment cela se reflète-t-il dans la réponse officielle ?
Le texte souligne que cette position a été adoptée à l’unanimité des États membres lors du Conseil d’association avec le Maroc en janvier 2026. Ce consensus adresse un message fort à toutes les parties concernées : l’Europe a tourné la page de ses divergences internes sur ce dossier et parle désormais d’une seule voix en faveur de l’intégrité territoriale du Maroc et du processus politique conduit sous l’égide des Nations unies sur des bases clairement définies.
En conclusion, quelles pourraient être les retombées de cette position européenne sur l’avenir du dossier ?
Elle renforcera la dynamique internationale favorable à l’option marocaine et placera les autres parties face à leurs responsabilités historiques. L’Europe exerce ainsi une pression positive en faveur d’une solution définitive. Elle envoie également un signal important aux investisseurs internationaux : les provinces du Sud du Maroc constituent un espace sûr, stable et porteur d’avenir sous souveraineté marocaine. C’est une victoire pour la diplomatie marocaine menée avec sagesse par le roi Mohammed VI.

