L’Observatoire marocain de la protection du consommateur a alerté sur la poursuite des fluctuations des prix de la volaille sur les marchés nationaux, malgré une abondance de la production et de l’offre ainsi qu’une baisse des prix à la vente au niveau des exploitations, dans un contexte marqué par l’approche du mois de Ramadan, période caractérisée par une hausse de la demande en viandes blanches au sein des ménages marocains.
L’Observatoire a indiqué que l’écart constaté entre les prix pratiqués dans les exploitations et ceux affichés sur les marchés révèle des dysfonctionnements dans le circuit de commercialisation de la volaille, ce qui se répercute sur les prix appliqués aux consommateurs.
Dans une publication sur son compte Facebook, l’Observatoire marocain de la protection du consommateur a estimé que ces pratiques sont contraires aux dispositions de la loi relative à la protection du consommateur et à celle encadrant la liberté des prix et de la concurrence, appelant à l’ouverture d’une enquête sur les circuits de commercialisation, à l’activation du rôle du Conseil de la concurrence et au renforcement du contrôle des marchés afin de préserver la sécurité alimentaire et le pouvoir d’achat.
Dans une déclaration à la presse, Hassan Aït Ali, président de l’Observatoire marocain de la protection du consommateur, a fait part de l’inquiétude de l’Observatoire face aux fluctuations des prix du poulet sur les marchés nationaux, notamment à l’approche du mois de Ramadan, période durant laquelle la demande en viandes blanches augmente considérablement.
Il a précisé que le prix du kilogramme de poulet a atteint, durant certaines périodes, des niveaux compris entre 23 et 30 dirhams dans plusieurs marchés, tandis qu’il a connu à d’autres moments une baisse à des niveaux situés entre 11 et 12 dirhams sur les marchés de gros, alors même que le coût de production demeure élevé.
Il a ajouté que l’absence de mécanismes de régulation efficaces entre les différentes étapes de la production et de la vente favorise l’intervention d’intermédiaires, entraînant parfois des hausses de prix non justifiées, ainsi qu’un déséquilibre entre l’offre et la demande à certaines périodes, en plus d’un manque de transparence concernant les coûts d’intermédiation et les marges bénéficiaires.
Selon le président de l’Observatoire, cette situation a un impact direct sur les ménages marocains, en particulier les catégories à revenu moyen et limité, dans un contexte où le mois de Ramadan impose un budget alimentaire plus important.
Il a souligné que le consommateur demeure la partie la plus vulnérable dans cette équation, appelant les autorités compétentes à assurer un suivi régulier des prix de la volaille afin de garantir leur conformité avec les coûts réels de production.
Il a également appelé à l’organisation des circuits de distribution de manière transparente, à la réduction de l’impact des intermédiaires, ainsi qu’à l’examen de mesures de soutien temporaire aux éleveurs durant les périodes de forte demande comme le Ramadan, en plus du renforcement de la sensibilisation des consommateurs aux moyens d’acquérir le poulet à des prix raisonnables.
Il a conclu en insistant sur la nécessité d’une coordination entre l’ensemble des acteurs concernés, institutions, autorités publiques et professionnels du secteur, afin de renforcer la concurrence, de limiter les pratiques de concentration et de protéger le pouvoir d’achat des ménages marocains à l’approche du mois de Ramadan.

